C'est un peu terrifiant de voir que mes deux dernières notes sont des hommages à ceux qui partent. Le hasard de la vie sans doute.
Au même moment que Guillaume Depardieu, mais bien plus discrètement, s'en va Françoise Seigner.

Peu d'entre vous la connaissent. Ceux qui ont été au theâtre peut-être...

Françoise est importante pour moi puisqu'elle a été celle qui m'a mis le pied à l'étrier au Françis alors que j'étais élève du conservatoire.

Elle m'a engagé après audition pour répéter à la place d' un des acteurs de sa nouvelle mise en scène de Nicomède. Et pour eventuellement le remplacer si il n'était pas capable d'assurer des représentations.

J'ai finalement joué tous les soirs ce rôle magnifique d'Attale à la comédie Française avec Christine Fersen et Jean-Pierre Bouvier grâce à sa determination et à son envie. Nous nous sommes ensuite cotoyé durant plusieurs années, nous avons joué ensemble et j'ai toujours gardé une tendresse particulière pour cette femme au caractère si fort et si intransigeant. Elle m'a donné ma chance et sans elle peut-être ne serais-je jamais rentré au français...

C'est une page importante de l'histoire de la maison qui se tourne et qui disparait avec elle. Elle a marqué de son talent toute une époque comme son père avant elle et sa nièce aujourd'hui..

Au revoir Françoise...

Je ne sais pas quoi te dire.
On ne se connait pas Guillaume. Mais tu avais la passion au corps, avec toutes ses blessures.

La passion sans armures, comme un habit de verre brisé qui te heurtait en permanence. C'est ce qui faisait de toi un être à part, un vertige en mouvement, une vérité déchirée et passionnante. Tu n'étais même plus un comédien tellement tu étais ce que tu représentais.

Finalement cette vie t'aura brûlé du premier au dernier jour que tu l'as traversé. Jamais dans l'indifference, jamais dans le mou. Toujours dans le surplus de vie que tu essayais tant bien que mal de canaliser.

On ne se connaissait pas mais comme pour tous ceux qui pleureront ton départ ce soir, je voulais te dire que ton émotion me bouleversait. Et que j'aurais voulu pouvoir apaiser un peu ce feu qui t'a brûlé sans cesse. Sois bien maintenant...

Voici un texte qui est attribué à Gabriel Garcia Marquez, auteur entre autres de "cent ans de solitude" et prix nobel de littérature. Il aurait été écrit comme une lettre d'adieu à ses amis lorsqu'il apprit que son cancer prenait de l'ampleur. Je ne sais pas si c'est la réalité, la traduction n'est pas terrible mais qu'importe, je le met ici surtout parce qu'il fait du bien et qu'on peut entendre des mots differents et puissants, appuyés au coin du bon sens et des bons sentiments pour peut-être grandir un peu et ne pas gâcher les jours qui nous regardent vivre. Je le met aussi pour rendre hommage à une amie disparue trop tôt et trop jeune. Et parce que les jours que l'on croit trop souvent sans fin nous échappent quelque fois brutalement. Ne les regrettons pas.
Bon voyage Caroline...

Si pour un instant Dieu oubliait que je suis une marionnette de chiffon et m'offrait un bout de vie, je profiterais de ce temps le plus que je pourrais.

Il est fort probable que je ne dirais pas tout ce que je pense, mais je penserais en définitive tout ce que je dis.

J'accorderais de la valeur aux choses, non pour ce qu'elles valent, mais pour ce qu'elles signifient.

Je dormirais peu, je rêverais plus, chaque minute où nous fermons les yeux, nous perdons soixante secondes de lumière.

Je marcherais quand les autres se détendent, je me réveillerais quand les autres dorment. J'écouterais lorsque les autres parlent et... combien je savourerais une bonne glace au chocolat.

Si Dieu me faisait présent d'un bout de vie, je me vêtirais simplement, m'étalerais à plat ventre au soleil, en laissant non seulement mon corps à découvert, mais aussi mon âme.

Bon Dieu, si j'avais un cœur, j'écrirais ma haine sur la glace et attendrais que le soleil se lève.

Dans un rêve de Van Gogh, je peindrais sur les étoiles un poème de Benedetti et une chanson de Serrat serait la sérénade que je dédierais à la lune.

J'arroserais de mes larmes les roses, afin de sentir la douleur de leurs épines et le baiser de leurs pétales. Bon Dieu, si j'avais un bout de vie...

Je ne laisserais pas un seul jour se terminer sans dire aux gens que je les aime, que je les aime.

Je persuaderais toute femme ou homme qu'ils sont mes préférés et vivrais amoureux de l'amour.

Aux hommes, je prouverais combien ils sont dans l'erreur de penser qu'ils ne tombent plus amoureux en vieillissant, sans savoir qu'ils vieillissent en ne tombant plus amoureux.

Aux anciens, j'apprendrais que la mort ne vient pas avec la vieillesse, mais avec l'oubli.

J'ai appris tellement de choses de vous, les hommes...  Mais elles ne serviront pas à grand chose, car lorsque l'on me rangera dans cette petite valise, malheureusement, je serai mort.

J'ai appris que tout le monde voulait vivre au sommet de la montagne, sans savoir que le vrai bonheur est dans la façon d'escalader.

J'ai appris que lorsqu'un nouveau-né serre avec son petit poing, pour la première fois le doigt de son père, il le tient pour toujours.

J'ai appris qu'un homme n’a le droit de regarder un autre homme de haut que lorsqu'il va l'aider à se relever.

Dis toujours ce que tu ressens et fais ce que tu penses.

Si je savais qu'aujourd'hui est la dernière fois où je te vois dormir, je t'embrasserais  très fort et prierais le Seigneur de pouvoir être le gardien de ton âme.

Si je savais que ce sont les derniers moments où je te vois, je te dirais "je t'aime" sans présumer  bêtement que tu le sais déjà.

Il y a toujours un lendemain et la vie nous donne une deuxième chance pour bien faire les choses, mais si jamais je me trompe et que je n'ai plus que ce jour, je voudrais te dire combien je t'aime et que je ne t'oublierai jamais.

Demain n'est garanti à personne, jeune ou vieux. Aujourd'hui est peut être la dernière fois que tu vois ceux que tu aimes. Alors n'attends plus, fais-le aujourd'hui, car si demain n'arrive guère, tu regretteras le jour où tu n'as pas pris le temps d'un sourire, une étreinte, un baiser, trop occupé que tu étais pour leur faire plaisir.

Garde ceux que tu aimes près de toi, dis leur à l'oreille combien tu as besoin d'eux, aimes-les et traite les bien, prends le temps de leur dire « je suis désolé », "pardonnez-moi",  "s'il vous plait", "merci" et tous les mots d'amour que tu connais. Personne ne se souviendra de toi  si tes pensées  demeurent secrètes

Demande au Seigneur la force et le savoir de pouvoir les exprimer. Dis à tes amis et à ceux que tu aimes combien ils comptent et sont important pour toi.