Viewing entries in
Blog

Comment

On s'embrasse?

Le court métrage est un art particulier, un art contraint qui offre avec un budget limité la possibilité à de jeunes aspirants réalisateurs de s'exprimer et de "construire" leur carte de visite. C'est un art qui permet aussi la rencontre entre des techniciens et des réalisateurs, des acteurs et une équipe de tournage etc... Bref, l'économie du court métrage permet à chacun de se connaitre mieux et de se confronter à la création audiovisuelle. C'est aussi souvent le lieu de la débrouille et de l'imagination.

Mais c'est surtout l'obligation de l'efficacité d'une narration qui ne peut se permettre d'être encombrée de longueurs. La pellicule coute cher et les jours de tournage sont restreints. Il faut donc un sujet qui accroche immédiatement, qui tienne en haleine en intriguant et qui se termine avec une surprise qui récompense le temps que l'on y consacre. Je suis tombé par hasard sur "On s'embrasse", court métrage de Pierre Olivier Mornas, ex-comédien qui réalise depuis pour le cinéma. Il date de 2001. je ne l'avais jamais vu, comme 99,8% de la production de courts-métrage français, mais heureusement le hasard fait bien les choses et je vous l'offre pour que vous le découvriez à votre tour. Il n'y a pas de bon courts métrages sans bons comédiens et celui-ci est servit par deux excellents comédiens: Jean-Luc Abel et Alice Carel. Clin d'oeil, j'avais joué mon premier specatcle Professionnel (Dom Juan mis en scène par F.Huster) avec Jean-Luc qui est un comédien d'une humanité confondante.

Il y a aussi dans l'exercice que vous allez voir un miracle à découvrir pour les néophytes de l'interprétation. Alice répète son texte avec l' inconnu. Elle est juste et touchante, elle dit le texte et est comme 80% des acteurs que vous connaissez. Crédible. Et puis tout à coup, sur une émotion elle passe de l'autre côté du jeu. Du côté où le texte n'est plus que secondaire, où l'émotion prend le dessus, où les mots sont moins clairs et où on s'en fout parce qu'on n'écoute plus, on vit avec elle.

C'est la grande différence entre un acteur et un très bon acteur. C'est aussi la force d'un réalisateur qui sait amener sa comédienne à cette extremité et à cette vérité. En face il y a Jean-Luc qui est dans l'écoute humaine et sensible. Sans doute encore plus difficile parce qu'elle fait appel au non-jeu. Juste entendre et recevoir, sans commenter. Dans la simplicité. Merci à vous tous pour ce joli moment que je vous laisse maintenant apprécier

Jean-Pierre Michael

Comment

Comment

Un jour peut-être...

Voici la bande de démo d'un studio de trucage hollywoodien destinée à ses éventuels clients qui permet de voir le degré de sophistication des effets spéciaux obtenus de nos jours.A l'aide d'un simple fond vert, tout est recrée et l'image devient le rêve exact de ses créateurs, mais surtout elle permet d'être poussée à son paroxysme. Vous y retrouverez des images de vos séries préférées et serez je l'éspère aussi bluffé que moi par la qualité du travail. Je n'imaginais pas du tout que tout cela se tournait en studio et j'en viens à rêver que nous ayons vite accès à la même qualité de travail en france. Pourquoi? Aujourd'hui un tournage en exterieur devient un veritable défi chaque jour puisqu'il exige le déplacement d'une équipe entière et de toute sa logistique soit de 30 à 70 personnes qui se retrouvent à travailler sur 300m2. Il y a les autorisations a décrocher, le ventousage (reservation des places pour garer les caravanes, cantines, camions etc...), le mécontentement des riverains à gerer, le public curieux qui se réjouit de parasiter le travail, la météo ingérable, la lumière, le son toujours difficile, le stress, la distance de parcours pour rejoindre les décors, le travail délicat dans des décors qui sont à proteger, leur prix exhorbitant etc... Et puis comment mettre un hélicoptère à tel endroit lorsqu'ils ont déjà des règles de vol contraignante, comment le faire décoller et atterir 20 fois parce que le comédien perd son texte ou parce que la batterie de la camera lâche etc?...Comment se proteger de son bruit? Comment faire une belle explosion qui va demander des heures de préparation et qu'on ne pourra filmer qu'une fois? le tout pour un résultat toujours décevant. Aujourd'hui la technologie permet de débrider l'imagination des décorateurs, des auteurs et des réalisateurs avec un risque et des côuts maitrisés. Quel confort de travail et quel résultat! J'espère que nous aurons rapidement accès à toutes ces technologies rapidement pour pouvoir vous offrir les plus belles images possible et pouvoir enfin se battre contre les meilleurs auteurs actuels. Les tournages seraient tellement simplifiés dans leur gestion! Je connais des régisseurs qui doivent déjà en rêver!

Comment

Comment

Same procedure as every year?

Une petite pépite qui me touche beaucoup. Elle est vraiment l'essence du theâtre de qualité. Pourquoi?

Parce que ce sketch est simple, sans fioriture et repose entièrement sur les acteurs. Pas de trucs, de bruits, de larmes et de cris. Juste de la rigueur de clown poussé à son paroxysme.

Le même texte, la même réplique culte qui supporte le propos "same procedure as every year, miss sophie?", et un acteur magistral dans la maîtrise de l'espace et du temps. Qui nous tiens en haleine avec rien, avec son corps et ses inventions.

Pour la petite histoire, cet enregistrement date de 1963, il est joué par un acteur anglais peu connu chez nous, Freddie Frinton.

Ce sketch a été enregistré par la télé allemande pour les fêtes de fin d'année et a eu tellement de succès qu'il est diffusé depuis régulièrement à la même période et que son dialogue en est devenu culte. Un peu comme notre "père noël est une ordure"

Du coup, n'en parlez pas à nos amis britanniques, ils le connaissent bien moins que les germanophones...

Régalez vous

Comment

Comment

Les beaux endormis.

La matrice, ce contrat tacite qui nous endort et nous pousse à accepter ce qui suit. Cette humanité comme on l'appelle. Nous sommes élevés dedans, nous grandissons avec, et pourtant... C'est la minute rebelle qui me donne bonne conscience, je sais, mais sait-on jamais. Elle pourra peut-être faire tinter en vous un réflexe encore vivant d'une lucidité endormie... Le texte qui suit n'est pas de moi. Malheureusement... 1) J'accepte la compétition comme base de notre système, même si j'ai conscience que ce fonctionnement engendre frustration et colère pour l'immense majorité des perdants. 2) J'accepte d'être humilié ou exploité à condition qu'on me permette à mon tour d'humilier ou d'exploiter quelqu'un occupant une place inférieure dans la pyramide sociale. 3) J'accepte l'exclusion sociale des marginaux, des inadaptés et des faibles car je considère que la prise en charge de la société a ses limites. 4) J'accepte de rémunérer les banques pour qu'elles investissent mes salaires à leur convenance, et qu'elles ne me reversent aucun dividende de leurs gigantesques profits (qui serviront a dévaliser les pays pauvres, ce que j'accepte implicitement). J'accepte aussi qu'elle prélèvent une forte commission pour me prêter de l'argent qui n'est autre que celui des autres clients. 5) J'accepte que l'on congèle et que l'on jette des tonnes de nourriture pour ne pas que les cours s'écroulent, plutôt que de les offrir aux nécessiteux et permettre à quelques centaines de milliers de personnes de ne pas mourir de faim chaque année. 6) J'accepte qu'il soit interdit de mettre fin à ses jours rapidement, en revanche je tolère qu'on le fasse lentement en ingérant ou en inhalant des substances toxiques autorisées par les états. 7) J'accepte que l'on fasse la guerre pour faire régner la paix. J'accepte qu'au nom de la paix, la première dépense des états soit le budget de la défense. J'accepte donc que des conflits soient créés artificiellement pour écouler les stocks d'armes et faire tourner l'économie mondiale. 8) J'accepte l'hégémonie du pétrole dans notre économie, bien qu'il s'agisse d'une énergie coûteuse et polluante, et je suis d'accord pour empêcher toute tentative de substitution s'il s'avérait que l'on découvre un moyen gratuit et illimité de produire de l'énergie, ce qui serait notre perte. 9) J'accepte que l'on condamne le meurtre de son prochain, sauf si les états décrètent qu'il s'agit d'un ennemi et nous encouragent à le tuer. 10) J'accepte que l'on divise l'opinion publique en créant des partis de droite et de gauche qui passeront leur temps à se combattre en me donnant l'impression de faire avancer le système. j'accepte d'ailleurs toutes sortes de divisions possibles, pourvu qu'elles me permettent de focaliser ma colère vers les ennemis désignés dont on agitera le portrait devant mes yeux. 11) J'accepte que le pouvoir de façonner l'opinion publique, jadis détenu par les religions, soit aujourd'hui aux mains d'affairistes non élus démocratiquement et totalement libres de contrôler les états, car je suis convaincu du bon usage qu'ils en feront. 12) J'accepte l'idée que le bonheur se résume au confort, à l'amour, au sexe, et la liberté d'assouvissement de tous les désirs, car c'est ce que la publicité me rabâche toute la journée. Plus je serai malheureux et plus je consommerai: je remplirai mon rôle en contribuant au bon fonctionnement de notre économie. 13) J'accepte que la valeur d'une personne se mesure à la taille de son compte bancaire, qu'on apprécie son utilité en fonction de sa productivité plutôt que de sa qualité, et qu'on l'exclue du système si elle n'est plus assez productive. 14) J'accepte que l'on paie grassement les joueurs de football ou des acteurs, et beaucoup moins les professeurs et les médecins chargés de l'éducation et de la santé des générations futures. 15) J'accepte que l'on mette au banc de la société les personnes agées dont l'expérience pourrait nous être utile, car étant la civilisation la plus évoluée de la planète (et sans doute de l'univers) nous savons que l'expérience ne se partage ni ne se transmet. 16) J'accepte que l'on me présente des nouvelles négatives et terrifiantes du monde tous les jours, pour que je puisse apprécier a quel point notre situation est normale et combien j'ai de la chance de vivre en occident. Je sais qu'entretenir la peur dans nos esprits ne peut être que bénéfique pour nous. 17) J'accepte que les industriels, militaires et politiciens se réunissent régulièrement pour prendre sans nous concerter des décisions qui engagent l'avenir de la vie et de la planète. 18) J'accepte de consommer de la viande bovine traitée aux hormones sans qu'on me le signale explicitement. J'accepte que la culture des OGM se répande dans le monde entier, permettant ainsi aux trusts de l'agroalimentaire de breveter le vivant, d'engranger des dividendes conséquents et de tenir sous leur joug l'agriculture mondiale. 19) J'accepte que les banques internationales prêtent de l'argent aux pays souhaitant s'armer et se battre, et de choisir ainsi ceux qui feront la guerre et ceux qui ne la feront pas. Je suis conscient qu'il vaut mieux financer les deux bords afin d'être sûr de gagner de l'argent, et faire durer les conflits le plus longtemps possible afin de pouvoir totalement piller leurs ressources s'ils ne peuvent pas rembourser les emprunts. 20) J'accepte que les multinationales s'abstiennent d'appliquer les progrès sociaux de l'occident dans les pays défavorisés. Considérant que c'est déjà une embellie de les faire travailler, je préfère qu'on utilise les lois en vigueur dans ces pays permettant de faire travailler des enfants dans des conditions inhumaines et précaires. Au nom des droits de l'homme et du citoyen, nous n'avons pas le droit de faire de l'ingérence. 21) J'accepte que les hommes politiques puissent être d'une honneteté douteuse et parfois même corrompus. Je pense d'ailleurs que c'est normal au vu des fortes pressions qu'ils subissent. Pour la majorité par contre, la tolérance zéro doit être de mise. 22) J'accepte que les laboratoires pharmaceutiques et les industriels de l'agroalimentaire vendent dans les pays défavorisés des produits périmés ou utilisent des substances cancérigènes interdites en occident. 23) J'accepte que le reste de la planète, c'est-à-dire quatre milliards d'individus, puisse penser différemment à condition qu'il ne vienne pas exprimer ses croyances chez nous, et encore moins de tenter d'expliquer notre Histoire avec ses notions philosophiques primitives. 24) J'accepte l'idée qu'il n'existe que deux possibilités dans la nature, à savoir chasser ou être chassé. Et si nous sommes doués d'une conscience et d'un langage, ce n'est certainement pas pour échapper à cette dualité, mais pour justifier pourquoi nous agissons de la sorte. 25) J'accepte de considérer notre passé comme une suite ininterrompue de conflits, de conspirations politiques et de volontés hégémoniques, mais je sais qu'aujourd'hui tout ceci n'existe plus car nous sommes au summum de notre évolution, et que les seules règles régissant notre monde sont la recherche du bonheur et de la liberté de tous les peuples, comme nous l'entendons sans cesse dans nos discours politiques. 26) J'accepte sans discuter et je considère comme vérités toutes les théories proposées pour l'explication du mystère de nos origines. Et j'accepte que la nature ait pu mettre des millions d'années pour créer un être humain dont le seul passe-temps soit la destruction de sa propre espèce en quelques instants. 27) J'accepte la recherche du profit comme but suprême de l'Humanité, et l'accumulation des richesses comme l'accomplissement de la vie humaine. 28) J'accepte la destruction des forêts, la quasi-disparition des poissons de rivières et de nos océans. J'accepte l'augmentation de la pollution industrielle et la dispersion de poisons chimiques et d'éléments radioactifs dans la nature. J'accepte l'utilisation de toutes sortes d'additifs chimiques dans mon alimentation, car je suis convaincu que si on les y met, c'est qu'ils sont utiles et sans danger. 29) J'accepte la guerre économique sévissant sur la planète, même si je sens qu'elle nous mène vers une catastrophe sans précédent. 30) j'accepte cette situation, et j'admets que je ne peux rien faire pour la changer ou l'améliorer. 31) J'accepte d'être traité comme du bétail, car tout compte fait, je pense que je ne vaux pas mieux. 32) J'accepte de ne poser aucune question, de fermer les yeux sur tout ceci, et de ne formuler aucune véritable opposition car je suis bien trop occupé par ma vie et mes soucis. J'accepte même de défendre à la mort ce contrat si vous me le demandez. 33) J'accepte donc, en mon âme et conscience et définitivement, cette triste matrice que vous placez devant mes yeux pour m'empêcher de voir la réalité des choses. Je sais que vous agissez pour mon bien et pour celui de tous, et je vous en remercie. Si vous êtes contre, vous pouvez toujours mettre en oeuvre les ressources de l'amitié et de l'amour, de la fraternité et de la responsabilité partagée, réfléchir, concevoir, oser et tisser, comme le permet l'Internet... tout retard rapproche du néant. Fait par amitié sur la Terre, le 11 septembre 2003 Ce texte inspiré a été envoyé par une personne anonyme à la radio "Ici et Maintenant" le 11 Septembre 2003.

Comment

Comment

Françoise Seigner

C'est un peu terrifiant de voir que mes deux dernières notes sont des hommages à ceux qui partent. Le hasard de la vie sans doute. Au même moment que Guillaume Depardieu, mais bien plus discrètement, s'en va Françoise Seigner.

Peu d'entre vous la connaissent. Ceux qui ont été au theâtre peut-être...

Françoise est importante pour moi puisqu'elle a été celle qui m'a mis le pied à l'étrier au Françis alors que j'étais élève du conservatoire.

Elle m'a engagé après audition pour répéter à la place d' un des acteurs de sa nouvelle mise en scène de Nicomède. Et pour eventuellement le remplacer si il n'était pas capable d'assurer des représentations.

J'ai finalement joué tous les soirs ce rôle magnifique d'Attale à la comédie Française avec Christine Fersen et Jean-Pierre Bouvier grâce à sa determination et à son envie. Nous nous sommes ensuite cotoyé durant plusieurs années, nous avons joué ensemble et j'ai toujours gardé une tendresse particulière pour cette femme au caractère si fort et si intransigeant. Elle m'a donné ma chance et sans elle peut-être ne serais-je jamais rentré au français...

C'est une page importante de l'histoire de la maison qui se tourne et qui disparait avec elle. Elle a marqué de son talent toute une époque comme son père avant elle et sa nièce aujourd'hui..

Au revoir Françoise...

Comment

Comment

Trop tôt, trop vite...

Je ne sais pas quoi te dire. On ne se connait pas Guillaume. Mais tu avais la passion au corps, avec toutes ses blessures.

La passion sans armures, comme un habit de verre brisé qui te heurtait en permanence. C'est ce qui faisait de toi un être à part, un vertige en mouvement, une vérité déchirée et passionnante. Tu n'étais même plus un comédien tellement tu étais ce que tu représentais.

Finalement cette vie t'aura brûlé du premier au dernier jour que tu l'as traversé. Jamais dans l'indifference, jamais dans le mou. Toujours dans le surplus de vie que tu essayais tant bien que mal de canaliser.

On ne se connaissait pas mais comme pour tous ceux qui pleureront ton départ ce soir, je voulais te dire que ton émotion me bouleversait. Et que j'aurais voulu pouvoir apaiser un peu ce feu qui t'a brûlé sans cesse. Sois bien maintenant...

Comment

9 Comments

Gabriel Garcia Marquez

Voici un texte qui est attribué à Gabriel Garcia Marquez, auteur entre autres de "cent ans de solitude" et prix nobel de littérature. Il aurait été écrit comme une lettre d'adieu à ses amis lorsqu'il apprit que son cancer prenait de l'ampleur. Je ne sais pas si c'est la réalité, la traduction n'est pas terrible mais qu'importe, je le met ici surtout parce qu'il fait du bien et qu'on peut entendre des mots differents et puissants, appuyés au coin du bon sens et des bons sentiments pour peut-être grandir un peu et ne pas gâcher les jours qui nous regardent vivre. Je le met aussi pour rendre hommage à une amie disparue trop tôt et trop jeune. Et parce que les jours que l'on croit trop souvent sans fin nous échappent quelque fois brutalement. Ne les regrettons pas. Bon voyage Caroline...

Si pour un instant Dieu oubliait que je suis une marionnette de chiffon et m'offrait un bout de vie, je profiterais de ce temps le plus que je pourrais.

Il est fort probable que je ne dirais pas tout ce que je pense, mais je penserais en définitive tout ce que je dis.

J'accorderais de la valeur aux choses, non pour ce qu'elles valent, mais pour ce qu'elles signifient.

Je dormirais peu, je rêverais plus, chaque minute où nous fermons les yeux, nous perdons soixante secondes de lumière.

Je marcherais quand les autres se détendent, je me réveillerais quand les autres dorment. J'écouterais lorsque les autres parlent et... combien je savourerais une bonne glace au chocolat.

Si Dieu me faisait présent d'un bout de vie, je me vêtirais simplement, m'étalerais à plat ventre au soleil, en laissant non seulement mon corps à découvert, mais aussi mon âme.

Bon Dieu, si j'avais un cœur, j'écrirais ma haine sur la glace et attendrais que le soleil se lève.

Dans un rêve de Van Gogh, je peindrais sur les étoiles un poème de Benedetti et une chanson de Serrat serait la sérénade que je dédierais à la lune.

J'arroserais de mes larmes les roses, afin de sentir la douleur de leurs épines et le baiser de leurs pétales. Bon Dieu, si j'avais un bout de vie...

Je ne laisserais pas un seul jour se terminer sans dire aux gens que je les aime, que je les aime.

Je persuaderais toute femme ou homme qu'ils sont mes préférés et vivrais amoureux de l'amour.

Aux hommes, je prouverais combien ils sont dans l'erreur de penser qu'ils ne tombent plus amoureux en vieillissant, sans savoir qu'ils vieillissent en ne tombant plus amoureux.

Aux anciens, j'apprendrais que la mort ne vient pas avec la vieillesse, mais avec l'oubli.

J'ai appris tellement de choses de vous, les hommes...  Mais elles ne serviront pas à grand chose, car lorsque l'on me rangera dans cette petite valise, malheureusement, je serai mort.

J'ai appris que tout le monde voulait vivre au sommet de la montagne, sans savoir que le vrai bonheur est dans la façon d'escalader.

J'ai appris que lorsqu'un nouveau-né serre avec son petit poing, pour la première fois le doigt de son père, il le tient pour toujours.

J'ai appris qu'un homme n’a le droit de regarder un autre homme de haut que lorsqu'il va l'aider à se relever.

Dis toujours ce que tu ressens et fais ce que tu penses.

Si je savais qu'aujourd'hui est la dernière fois où je te vois dormir, je t'embrasserais  très fort et prierais le Seigneur de pouvoir être le gardien de ton âme.

Si je savais que ce sont les derniers moments où je te vois, je te dirais "je t'aime" sans présumer  bêtement que tu le sais déjà.

Il y a toujours un lendemain et la vie nous donne une deuxième chance pour bien faire les choses, mais si jamais je me trompe et que je n'ai plus que ce jour, je voudrais te dire combien je t'aime et que je ne t'oublierai jamais.

Demain n'est garanti à personne, jeune ou vieux. Aujourd'hui est peut être la dernière fois que tu vois ceux que tu aimes. Alors n'attends plus, fais-le aujourd'hui, car si demain n'arrive guère, tu regretteras le jour où tu n'as pas pris le temps d'un sourire, une étreinte, un baiser, trop occupé que tu étais pour leur faire plaisir.

Garde ceux que tu aimes près de toi, dis leur à l'oreille combien tu as besoin d'eux, aimes-les et traite les bien, prends le temps de leur dire « je suis désolé », "pardonnez-moi",  "s'il vous plait", "merci" et tous les mots d'amour que tu connais. Personne ne se souviendra de toi  si tes pensées  demeurent secrètes

Demande au Seigneur la force et le savoir de pouvoir les exprimer. Dis à tes amis et à ceux que tu aimes combien ils comptent et sont important pour toi.

 JPM

9 Comments

Comment

La reine Christine pose sa couronne...

Voilà, je l'ai appris aujourd'hui. Je vous laisse l'annonce de l'AFP qui donnera à quelques uns des informations sur la belle Christine.

Je garde mes beaux souvenirs de partage et de souffrance avec elle.

Elle était à mes côtés pour mes premiers pas sur scène dans "Nicomède", nous avons passés plus de 17 ans ensemble à nous croiser, à nous connaître, à jouer, et elle part aujourd'hui... C'est une des plus grande comédiennes de theâtre qui s'en va, c'est une douleur qui va se calmer aussi. Bon voyage ma reine...

PARIS (AFP) - Christine Fersen, doyenne de la troupe de la Comédie-Française, décédée brutalement lundi soir à son domicile parisien à l'âge de 64 ans, était une actrice "de l'extrême", qui donnait toute sa démesure dans les grands rôles de princesse, de reine et de tragédienne.

Christine" à cette figure de la troupe de Molière, dont elle était devenue la doyenne le 1er janvier 2007.

"La mort de cette artiste incomparable, après un compagnonnage de plus de quarante-deux ans, laisse un vide immense sur nos plateaux et dans nos coeurs", a témoigné mardi l'administratrice générale et ex-sociétaire du Français Muriel Mayette.

"Chacune de ses interprétations, par sa force, sa subtilité, sa profondeur, était comme une leçon de théâtre. Sa carrière restera comme une leçon de vie", a estimé pour sa part la ministre de la Culture, Christine Albanel.

Née le 5 mars 1944 à Paris, Christine Fersen - de son vrai nom Boulesteix - avait suivi l'enseignement de Fernand Ledoux au Conservatoire. Elle en sortira avec deux premiers prix de comédie (classique et moderne) et "seulement" un 2e prix de tragédie.

Mais c'est pourtant dans les grands emplois de tragédienne qu'elle s'imposera avec plus de naturel et de précocité que la moyenne, forte de sa chevelure de feu, de son teint d'une pâleur tragique et de sa voix grave et rauque taillée pour les grands rôles. Le recours à l'expression "monstre sacré", à son propos, n'était pas qu'une facilité de langage.

"Je ne peux respirer qu'aux extrêmes", confiait-elle.

Parmi ses incarnations les plus fortes figurent deux personnages de Victor Hugo, la sanglante Marie Tudor et Lucrèce Borgia, mère scandaleuse à laquelle elle conférait une humanité rageuse. Dans le même registre, elle a été la "Médée" infanticide d'Euripide au Festival d'Avignon en 1981 dans la cour d'honneur du Palais des papes ou encore "Marie Stuart" de Schiller.

Son jeu ardent, sans doute nourri des blessures de la vie - elle a perdu son fils unique - aura séduit quelques-uns des plus grands directeurs d'acteurs, comme le Français Bernard Sobel, l'Italien Luca Ronconi, l'Américain Bob Wilson et, plus récemment, les auteurs-metteurs en scène Valère Novarina et Olivier Py.

En fait, Christine Fersen pouvait tout jouer, la comédie ("Il Campiello" de Goldoni), mais aussi par exemple une gouvernante dans "Place des héros" de Thomas Bernhard. "Je me retrouve à ma place", confiait-elle au Monde en 2004, comme en écho à son enfance déshéritée en banlieue parisienne.

Elle n'était devenue sociétaire de la Comédie-Française que le 1er janvier 1976, après plus de dix ans de pensionnariat, ce qui est long. Elle ne s'est d'ailleurs pas toujours sentie pleinement épanouie dans la maison, comme dans ces années 1990 où elle jugeait "plus qu'inamical" d'être absente des grandes distributions.

Mais Christine Fersen a toujours aimé passionnément les planches et voulu considérer que "la vie est un théâtre". "Parce que sinon on se flingue tout de suite", disait-elle.

Comment

Comment

Art et culture, la part manquante...

Le ressenti  est un sentiment évolutif et changeant. Il est particulièrement sensible à l’art et au « beau ». Je me souviens de mon enfance et de ma perception culturelle du monde qui m’était proposé. Au travers des découvertes souvent proposées au sein de l’établissement scolaire, visite des musées, pièces de théâtre, découverte des zoos et autres curiosités loin du quotidien de l’enfant moyen, j’ai souvenir d’une attitude en perpétuelle évolution.

Tout d’abord ennuyée, cette attitude d’incompréhension face à l’art me faisait « subir » ces sorties. Leur seul bénéfice visible étant l’opportunité de pouvoir éviter quelques heures de classe encore plus pénible.

J’étais avec mes copains et je pensais plus à pouffer qu’à découvrir. Nous défilions tels des sacs à patate devant les plus beaux tableaux du monde avec une indifférence frisant le mépris. Incapable même de regarder ce qu’on nous offrait. Rien n’accrochait mon attention.

Plus tard un conférencier différent, un prof plus impliqué ou passionné nous parlait de ce que nous découvrions avec un enthousiasme et une richesse de détails anecdotiques plus adapté à notre niveau. Mon attention se modifia et l’ennui fut moindre.

Une autre fois une petit histoire au sein de la grande nous parlant du sujet du tableau me permit d’y rester avec curiosité plus de dix minutes en cherchant le pourquoi du comment de cette toile.

Ainsi, au fur et à mesure des découvertes et de mes rencontres avec la culture, on me remit les clés indispensables au développement de ma curiosité. Celle qui me permettait enfin d’attiser une gourmandise jamais rassasié depuis.

Cette curiosité, après avoir été choquée par un tableau de Francis Bacon au musée d’Orsay, ou par une déformation cubiste de Picasso s’est propagée aux autres expressions artistiques et ne fait depuis qu’ouvrir des portes sur un monde sans limite.

La lecture par exemple.

Enfant, la lecture était une punition dés qu’il n’y avait pas d’image dans un livre. Je ne voyais pas l’intérêt de s’enfiler des caractères à l’infini avant de tourner la dernière page d’un livre qui de toute manière m’aurait distrait de mes jeux ou de la télé, média tellement plus accessible parce que passif. Mais plus tard, bien plus tard, cette ouverture à la culture m’a donné la curiosité de rouvrir les livres impossible à lire jusque là. Alexandre Dumas par exemple. Des pavés terrifiants pour le lecteur débutant que je me suis retrouvé à avaler goulûment par la suite.

J’ai enfin appris à ne plus complexer et à dévorer uniquement ce qui m’attirait. Des Polars, des essais, des romans. Je m’offrais le plaisir de me laisser happer par un livre avec cette liberté souveraine de le refermer s’il n’était pas à la hauteur de mes attentes et de le remiser dans une bibliothèque sans aucune culpabilité.

Il y a tellement de choses à découvrir. Tellement de livres à lire. Pourquoi se restreindre. Nous avons si peu de temps, prenons le meilleur et ne nous offrons que le « plaisir » de voir et de lire.

Pour cela il faut savoir rejeter. Ce n’est pas parce que nous n’avons pas le même goût que beaucoup d’autres que nous valons moins et surtout qu’il faudrait se contraindre à ne prendre que ce qui nous ennuie !

Le plus important c’est la démarche, l’envie et la liberté.

La démarche d’aller vers ce que d’autres ont rêvé, peint, composé, écrit, chanté, réfléchi. Pourquoi ? Parce que bien que nous soyons tous capable d’écrire, de lire, de chanter plus ou moins juste, de dessiner plus ou moins droit etc… Il y aura toujours quelqu’un qui aura su créé une émotion que nous n’aurions pas pu inventer ni même imaginer. Il y a des gens meilleurs et plus doués que nous. Il faut s’y faire. Des artistes…

Ils enchantent bien plus notre monde de connaissances que si nous restions seul avec nous même. Nous vivons en société, les uns avec les autres et l’esprit se forme à cette confrontation pour évoluer tout comme l’enfant qui appréhende le monde social avec ses premiers pas en crèche évolue au contact de l’autre enfant, nous grandissons dans notre goût et notre culture au contact de ceux qui ont créé pour nous.

J’ai eu la chance avec mon métier de rencontrer des gens passionnants et éminemment cultivés qui ont offert à ma curiosité une nourriture d’une richesse infinie.

Qui connait Victor Hugo autrement que par l’avenue ou la rue qui porte son nom, ou encore l’adaptation d’un de ses romans ? J’ai découvert dans ses vers un souffle immense et délicieux qui me bouleverse encore dés que je lis un de ses poèmes. Quelle richesse lui et bien d’autres nous ont laissé ! Tout cela à portée de mains et quasi gratuitement.

La culture est abordable financièrement, un livre de poche, une visite au musée, un passage dans une exposition, Internet, tout aujourd’hui nous permet d’y avoir accès encore plus simplement qu’il y a quelques années.

La seule chose qui ne vous sera jamais offerte, c’est la curiosité nécessaire à l’appréhender, à la rencontrer, à la laisser vous envoûter pour ne plus jamais vous abandonner.

Dés que vous aurez laissé cette curiosité vous offrir une porte sur ce puits sans fond, vous serez plus riche à jamais parce qu’enfin vous pourrez rencontrer une partie de vous-même, cette partie divine que l’art transcende et qui nous manque tant dans notre monde souvent trop obscur…

Jean-Pierre Michael

Comment

Comment

Si les pièces n' avaient qu' une face...

Je profite du blog pour faire une petite mise au point quant à la finalité du site qui d’après ce que j’ai pu lire ici ou là ne serait qu’un repère de fans plus ou moins inconsistants et sans réflexion ni profondeur.Le message auquel je me réfère a été laissé sur le « livre d’or » et donne une impression qui banalise un peu trop vite à mon sens l’existence de tous les moyens de communication que nous avons mis en place pour vous. Loin de moi l’idée de critiquer la personne qui a laissé ce message mais au contraire, je tiens à l’éclairer comme tous ceux qui pourraient venir à s’égarer sur ce blog ou sur le site. Tout d’abord l’origine du site. Elle remonte à 2001 lorsque Lyne, à la sortie d’une représentation d’ « Amphitryon » m’a demandé gentiment si cela me dérangeait qu’elle fasse un petit site internet sur moi et mon parcours au théâtre. J’en avais personnellement l’intention afin de proposer professionnellement une vitrine plus pratique pour tous mes interlocuteurs, donc je l’ai invité à m’aider. Elle a développé plusieurs versions qui ont mis en avant mon parcours et mon CV avec des extraits audio, ceci afin de satisfaire la curiosité de certains (peu me connaissaient hors théâtre), mais surtout afin d’offrir aux professionnels avec qui je travaille le matériel nécessaire à nos collaborations. Il ne faut pas oublier que j’envoyais des cassettes avant ce site. Puis vint la médiatisation de la télévision et l’arrivée de beaucoup d’entres vous qui m’ont découvert à ce moment là. L’interaction devenait nécessaire et nous le voulions Lyne et moi afin de pouvoir partager ce qui était inutile jusqu’à présent. Le blog et le forum sont nés me permettant comme dans ce billet de laisser des pensées, des réflexions, ou des trouvailles qui me touchent. Nous avons la chance avec ce que la communication moderne nous offre de pouvoir partager. Pourquoi s’en priver. Et c’est là où je regrette que certains qui ne font que survoler le site n’y voient qu’un « attrape-fans ». Nous avons mis en ligne avec ce site, et Lyne fait beaucoup pour sa documentation continuelle, de quoi satisfaire la curiosité éventuelle de tout visiteur, tout en lui permettant de communiquer, d’échanger et de rebondir sur des thèmes bien différents de ma « petite personne ». Donc oui, Il y a des fans, et je suis d'ailleurs ravi de pouvoir recevoir vos témoignages si importants pour notre métier solitaire. Avoir un retour est nécessaire parce que cela représente l’aboutissement de notre art. Je ne fais pas ce métier pour le faire chez moi tout seul, je le fais pour partager et échanger. Mais, et c’est justement ce qui est magnifique, il y a des gens curieux qui en pensant trouver un site de fans reviennent finalement pour d’autre choses bien plus enrichissantes. Grace au site elles me découvrent dans mon métier hors TV mais aussi elles échangent et se découvrent elles même avec des points d’intérêts communs qui développent aujourd’hui une petite communauté dont vous êtes tous créateurs et créatrices.
Donc bienvenue aux nouveaux et nouvelles et merci encore à tous ceux qui en plus de l’intérêt qu’ils portent à mon travail nourrissent et épanouissent cette belle communauté.
Prenez le temps de vous poser, de parcourir le forum et le blog ainsi que ses commentaires  toujours pertinents et intéressants.
Parlez-en, faites grandir cet espace, il vous appartient. et merci encore de votre fidélité...
A bientôt en direct de Cherbourg. Jean-Pierre Michael

Comment

Comment

Une photo, une histoire

Lyne m'a demandé de commenter certaines photos. Elles ont pour moi une vie mais si je peux vous la faire partager... Cette photo a été prise lors des premières représentations de "chat en poche", joué au theâtre du vieux colombier.

Le rôle tout d’abord pour ceux qui ne connaissent pas le pièce.

Rien que le nom du personnage peut vous donner un avant goût du parcours qui m’était offert.

Lanoix-de veau.

Fils de bonne famille envoyé au sein de la famille Pacarel afin de plaire à la jeune fille de la maison et d’éventuellement sauter sur sa dote.

Seulement ce jeune homme, en pleine explosion hormonale est déjà très amoureux d’une prostituée et n’a pas grand-chose à faire de Mademoiselle Pacarel qui elle-même est plus attendrie par le ténor fraîchement invité dans sa famille .

Qu’importe… Leurs obligations parentales les poussent à se retrouver et à se fréquenter. Non sans quelques conseils de leur parents respectifs qui voudraient qu’aucune gaffe compromettante ne soit commise. Il a été conseillé à la jeune fille de compter jusqu’à 4 avant d’ouvrir la bouche et au jeune homme de tourner 7 fois la langue dans sa bouche avant de parler.

Et lorsque chacun prend le conseil au pied de la lettre, on peut imaginer le délire qui en naît !

J’ai adoré ce rôle comme j’ai adoré tous les rôles de vaudeville que j’ai eu la chance d’interpreter. Ils permettent une folie et un dépassement que paradoxalement seule la tragédie peut offrir. Mais ils apportent tellement plus d’énergie. Le rire du public est un moteur sans limite pour faire gonfler le jeu.

Ces rôle sont aussi très importants pour moi parce qu’ils me permettent de décoller l’étiquette inévitable que l’on me colle.

Ce système très français qui veut que votre physique vous catalogue irrémédiablement dans un univers, un style de rôle. Ce système qui veut que dés que vous avez incarné un personnage on vous le re-proposera à l’infini.

J’ai toujours voulu échapper à cette cage qui menace l’acteur français. Et j’ai eu la chance de travailler au français et donc d’avoir des gens qui me connaissaient depuis longtemps et qui étaient donc capable de me rêver différemment. Jamais je n’aurais eu ces opportunités ailleurs qu’à la Comédie Française. Passer de la Tragédie au Vaudeville, du texte contemporain quasi cinématographique à Molière.

J’ai eu la chance d’avoir des metteurs en scène et des administrateurs qui pouvaient me faire confiance et m’offrir autre chose que ce qui était attendu de moi. Et j’en ai profité, voilà pourquoi cette silhouette si différente que m’a permis de construire Muriel Mayette dans Chat en Poche. Nous avons travaillé le clown avec Coraly Zahonéro (Alexandra dans R.I.S) afin d’aller dans un univers décalé et terriblement jouissif.

La plupart d’entre vous qui me lisez ne me connaissez que par la télé et surtout par R.I.S qui est l’expression même de la composition d’un personnage. La raideur, « l’autisme » de mon personnage de R.I.S ne sont qu’une composition d’acteur afin de rendre une histoire crédible. Malheureusement, beaucoup, et même parmi les professionnels, confondent l’image avec la réalité. Et je suis sûr aujourd’hui pour l’avoir déjà entendu que certains ne pensent pas à moi pour tel ou tel rôle parce qu’ils se disent que je suis trop « noir », « lourd », « triste » et autres caractéristiques que j’ai porté dans le personnage de Marc Venturi.

Je le paye aujourd’hui parce que nous sommes dans un monde d’image et que regarder la construction d’un rôle n’est pas à la portée de tous.

Comme j’en ai déjà parlé sur le Blog, on pense à la place des autres et on les définit alors qu’il serait si simple de faire confiance et de se laisser surprendre…

Comment

Comment

Le combat de l' esthète

Lors du dernier Chat, nous avions eu une discussion concernant un sentiment que certain d'entre vous avaient sur mes goûts et préferences. Sentiment sans doute lié aux réponses que je vous faisais. Vous m'aviez demandé si j'étais esthète... Et il me semble vous avoir répondu que j'aimais l'émotion brute et qu'elle se trouvait dans le beau.Je ne suis pas sur d'avoir été clair et je voulais revenir sur ce sujet qui me semble important. Je suis tombé sur une citation d'Emmanuel Kant qui résume bien ce que je pense et sans doute plus clairement.

« L'art ne veut pas la représentation d'une chose belle mais la belle représentation d'une chose »

extrait de la critique du jugement

Voilà le fond. Je ne suis malheureusement pas philosophe et Kant offre dans ses mots une concision bien plus efficace de sa pensée. Je vais me lancer dans la paraphrase inutile mais qui eclaircira ma pensée personnelle. Lorsque je parle de beauté, je ne parle pas de joliesse, je parle d'émotion, donc d'art. Ce que je trouve beau est ce qui ressort de l'art, et pour moi l'art est partout. Dans une odeur, un sentiment, un regard, un souffle. Pas uniquement sur des tableaux ni dans des livres. La vie est un art et certaines personnes sont des oeuvres d'art. Certaines situations aussi. Certains paysages, certains mots. Tout se qui se lève au dessus du vulgaire (dans son sens original) peut atteindre à cet état d'art. C'est pourquoi je peux trouver du beau partout, même au sein de la violence ou de la laideur. En effet, une belle femme n'est pas forcément une femme belle. Un beau livre n'est pas forcément un livre beau et une belle vie n'est pas forcément une vie belle etc... Un poème de Baudelaire dans toute sa crudité et sa violence morbide souffle un élan de beauté assourdissant. Et pourtant aucune joliesse ne l'enrobe On peut décliner à l'envie cette vision. Les belles choses nous entourent et nous les occultons souvent, trop occupés à ne regarder que les choses belles, pourtant souvent bien moins riches. Alors esthète si vous voulez, mais tourné vers l'émotion et l'art dans tout plutôt que le néant...

Jean-Pierre MICHAEL

Comment

Comment

Le soupir d' un passage

Il est des dates différentes des autres. Des jours particuliers et des périodes hors de l'habitude.Il est dans la vie des passages qui nous transforment, des épreuves qui modifient notre alchimie et nos vibrations. Je suis sur que chacun d'entre vous l'a vécu. Là où vous ne l'attendiez pas, là où vous vous êtes réveillé surpris de vous même.

D'un air que vous respirez différemment, de couleurs qui brillent et vibrent autrement.

Ces passages sont riches à vivre et portent souvent en leur nouveauté l'annonce d'un avenir proche à incarner différemment.

Souvenez-vous de votre enfance, de votre adolescence. De ces moments plus sensible encore où les autres tout à coup vous regardent avec des yeux differents, où vos parents remarquent des changements physiques qui sont intervenus sans que vous le maitrisiez.

Ils sont à cet âge là visible, objectivement, mais je sais maintenant qu'avec la vie et le temps qui passe, même si les transformations physiques semblent plus douces et plus étalées, il y a de temps en temps des accélérateurs de particules qui nous emportent dans des transformations intérieures bien plus riche encore.

Des transformations qui nous portent parce que nous les maturons depuis longtemps déjà sans même le réaliser. Ce sont aussi les épreuves qui les déclenchent, les deuils, les mariages, les séparations, les guerres, les accidents, les amours décus ou heureux, le sel de tout quoi...la vie.

Et ces périodes, il faut y être attentif. Elles sont autant de paliers et de recommencements.

Des prises de consciences tout autant que des renoncements.

Aujourd'hui mon anniversaire, dans une moindre proportion, me fait passer un palier différent que j'ai du mal à réaliser et objecter.

Le temps n'a pas non plus la même valeur aujourd'hui qu'hier pour moi. Je sens des secondes qui n'ont rien de comparables avec les celles que j'ai connu enfant ou sur les bancs du lycée.

La relativité est entière lorsque je vois les jours défiler sans que j'ai le temps de les appréhender. Alors qu'ils tiraient en longueur pendant ma scolarité.

Je sens les minutes me traverser, et moi essayant de les retenir alors qu'elle se heurtaient à mon corps et que j'essayais de les éviter.

j'ai l'impression d'avoir fait un bond d'hier enfant à aujourd'hui adulte qui n'a pris qu'un soupir. Parce que mon coeur et ma tête resonnent encore de l'enfance et de cette naissance finalement si proche.

Alors sans doute est-ce un des buts de l'âge, cette prise de conscience et la possibilité de se retourner légèrement sur son épaule pour voir ce qui a déjà été et ce qui pourrait encore être.

Et je peux vous dire que moi, après avoir regardé discrètement, j'ai aujourd'hui encore mille fois plus de gourmandise qu'hier.

Que toutes ces secondes qui s'offent à moi soient pleine et entière, dévorées avec passion et jubilation.

J'en profite aussi pour vous remercier, toutes et tous qui m'avez écrit par lettre, mail ou sur le forum.

Merci de votre présence, de votre attention et de votre fidélité pour m'accompagner dans mon anniversaire. Il a été éclairé de vos pensées.

Nous arrivons à la fin du tournage des 8 premiers épisodes de cette deuxième saison de RIS. Avant de repartir mi-octobre pour les quatre derniers. Et bien que les jours soient longs et fatiguants quelquefois, rien de mon enthousiasme ne se perd. J'y vais avec un bonheur renouvellé chaque jour puisqu'outre le plaisir personnel de pratiquer mon métier dans de magnifiques conditions, je sais aussi que toute cette joie devrait se retrouver à l'écran et que vous en serez les spectateurs. Je vous dois cela aussi. Merci et à très vite.

Et n'oubliez jamais de manger chaque seconde qui vous est offerte avec cette gourmandise totale qui devrait tous nous habiter. Tout, même un travail doit pouvoir se vivre dans l'enthousiasme.

Jean-Pierre Michael

Comment

Comment

Musique et âme

Plusieurs d’entre vous m’ont demandé ce que j’aimais comme musique et ce que j’écoutais. Si même j’avais des albums fétiches ou un « top five ». Cette question m’a travaillé et comme la musique est quelque chose d’important pour ne pas dire d’essentiel pour moi, je crois que je vais le partager avec vous. Comme je vous l’ai dit lors du dernier chat, je n’ai pas de liste et pas de top five puisque cela supposerait s’arrêter à quelque chose qui resterait immuable, hors rien n’est plus mouvant que la musique, et l’accord qu’on peut lui accorder à notre sensibilité reflète ce que nous sommes à un moment précis de notre vie.

J’ai toujours eu tendance à naviguer d’album en album, d’artistes en artistes avec des fidélités temporaires ou plus renouvelées. Je ne force rien mais je me laisse surprendre toujours, c’est la condition de mon adhésion.

Depuis mes premiers disques achetés adolescent, j’ai parcouru une vie musicale qui m’est propre mais qui a forgé ma sensibilité et mes sensations. Quelques fois aussi mes émotions. Je ne vais pas vous faire un récapitulatif de ce parcours laborieux et pas toujours passionnant ni même exhaustif tant les albums ont pu passer et ne jamais revenir pour certain. Je vais donc vous parler uniquement de ce que je suis aujourd’hui en ce début d’année 2006.

J’ai constaté en y réfléchissant que je ne tournais récemment que sur 5 ou 6 albums. Pour combien de temps, je ne sais, mais je suis plutôt du genre têtu et j’ai usé du vinyle à mettre et remettre les mêmes chansons à l’infini.

Aujourd’hui encore quand je tombe amoureux d’un artiste ou d’un album je vais jusqu’à le disséquer dans chacune de ses tonalités afin d’y découvrir des surprises qui forcément échappent à toute première écoute. J’aime ce compagnonnage laborieux qui permet d’être très intime à une émotion extérieure, à une création qui toujours m’inspire.

Donc voici les albums qui tournent en boucle dans ma voiture, mon ipod ou mon ordi.

L’intégrale « Coldplay », découvert au travers du tube « in my place », je suis tombé amoureux de cette pop simple d’élégance et pourtant si fine dans ses arrangements. L’album O de « Damien Rice », une merveille de sensibilité folk avec une émotion énorme. « Feist » et son dernier album, surprise douce et émouvante, une étonnante voix féminine. « James Blunt » et son album qui commence à cultiver les tubes. Le best-off de « Nina Simone » qui reste et demeure une interprète magistrale de l’âme, maîtresse de la soul. Et dans nos francophones, évidemment « Greg Fontaine » dont je ne me lasse pas, et quelques pépites de « Raphaël » et de « Camille ». Ils sont avec moi quotidiennement.

Je me suis ensuite demandé d’où venait ce choix qui peut paraître éclectique et incongru dans ses mélanges, et le seul point commun évident qui les relie tous c’est la voix et son émotion. Tous les artistes que je viens de citer font passer au travers de leurs voix une émotion telle qu’elle m’emmène toujours délicieusement dans des ouateurs de violence ou d’amour régénérantes et inspiratrices. J’ai toujours usé et abusé de la musique pour mon métier. Des musiques me permettent d’avancer dans des personnages et l’illustrent dans ses émotions. Elles sont des repères magiques pour moi.

Voilà de quoi répondre aujourd’hui à votre curiosité que je partage. On ressemble aussi sûrement à ce que l’on écoute. A un moment donné en tout cas.

Je ne saurais trop vous conseiller d’aller utiliser le site www.pandora.com, outil magnifique pour découvrir d’autres horizons que les siens. Malheureusement uniquement anglophone dans ses sources pour le moment. Mais vous pourrez toujours y écouter les artistes dont je viens de vous parler si vous ne les connaissez pas encore.

A bientôt

Jean-Pierre MICHAEL

Comment

Comment

Du bruit dans la lumière

l semblerait que je vous manque… Quelle merveille malgré mon silence tout relatif de sentir que certains s’inquiètent ou attendent des nouvelles, quelles qu’elles soient.Mais je n’ai pas pour habitude de monopoliser ni de remplir l’air qui m’entoure de paroles vides. Du moins j’essaye. J’adore et j’admire la propension et la facilité de certains à agiter l’espace de leurs rencontres avec des mots et des pensées qui ne sont destinées qu’à couvrir un vide effrayant. Cela me fascine souvent et j’avoue quelques fois les envier. Je m’y suis même essayé, mais rarement avec succès. Cela me demande une telle dose d’efforts que je préfère la circonspection. J’ai un fond extrêmement timide qui m’a fait demeurer pendant longtemps derrière ceux qui justement maniaient le bruit avec dextérité, jusqu’à ce que je découvre mon métier et l’arme qu’il pouvait m’offrir pour me combattre. Les mots et le bruit des autres, je pouvais l’épouser, l’interpréter, et devenir celui qui brille grâce à eux. Ca m’a été d’une aide profonde en beaucoup de situations bien que mes carences et mes peurs reprennent très vite le dessus. Comment être aussi brillant au dîner qui suit le spectacle où les gens vous ont admiré ? L’expérience et l’apprentissage venant j’ai pu trouver mes marques et ma personnalité au sein de mes propres mots, doucement parce qu’ils me ressemblaient finalement bien plus. Voilà je crois le secret de l’éducation et du travail personnel. S’aider du génie des autres pour se reconnaître et s’épanouir en nous même. Je me méfie toujours des gens qui sortent la citation comme une arme de guerre et qui ne finissent par converser qu’au travers des mots des autres. Ils prennent le masque de la culture sans avoir la force de se dire. C’est finalement très pauvre et je préfère les gens qui parlent avec leur cœur et leur tripes tout maladroits qu’ils soient plutôt que les beaux parleurs qui font si souvent illusion auprès des jeunes femmes fragiles. J’en ai souffert souvent et le succès leur a été plus rapide et plus profitable qu’à moi. Mais je crois que l’on fait comme l’on peut avec les armes dont on dispose et surtout en suivant sa vérité. J’ai profité de ces derniers jours pour m’éprouver à la vie encore et toujours. Aux sentiments et aux blessures que l’on porte tous. Je m’avance dés que l’on me laisse le temps et ces moments riches sont souvent douloureux. Ils ne méritent pas forcément le partage si ce n’est avec ceux qui sont capable de m’accompagner. Le tourbillon de R.I.S. s’est assoupi et la tempête du tournage va à nouveau souffler dés le mois d’avril. J’essaye de me ressourcer de tout pour affronter ce nouveau choc qui va s’étaler sur la longueur jusqu’à la fin de l’année puisque nous tournons une douzaine d’épisodes contre huit pour la première saison. J’aurais encore moins le temps de partager avec vous pendant cette période où toute vie (amicale, sociale, amoureuse) est entre parenthèse. Ne m’en voulez pas, je continuerai d’être présent et de vous lire. Pour ceux qui peuvent s’étonner de ma participation à certaines émissions promotionnelles, elles ne sont le fait que de ma seule volonté et curiosité. On m’invite et je fais ou pas. Je ne suis obligé à rien contractuellement (en tout cas on ne m’en parle pas), je le fais gracieusement et avec plaisir. C’est un monde que je découvre et où je ne me suis pour le moment pas encore abîmé. Je crois que l’on apporte ce que l’on est partout où l’on va tant que l’on ne se travestit pas soi même. Je ne jouerais pas le caméléon pour plaire à qui que ce soit et on peut faire les choses honnêtement et avec plaisir sans se compromettre si compromission il peut y avoir. La personnalité d’un être doit pouvoir transpirer partout et en toute occasion. Je m’y attache et si elle plait, aide, séduit, élève etc.. d’une façon ou d’une autre, alors tant mieux. Je ne suis pas responsable du jugement de chacun. Tant que je reste en accord avec moi-même. Je vous souhaite le meilleur. Jean-Pierre Michael

Comment