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Françoise Seigner

C'est un peu terrifiant de voir que mes deux dernières notes sont des hommages à ceux qui partent. Le hasard de la vie sans doute. Au même moment que Guillaume Depardieu, mais bien plus discrètement, s'en va Françoise Seigner.

Peu d'entre vous la connaissent. Ceux qui ont été au theâtre peut-être...

Françoise est importante pour moi puisqu'elle a été celle qui m'a mis le pied à l'étrier au Françis alors que j'étais élève du conservatoire.

Elle m'a engagé après audition pour répéter à la place d' un des acteurs de sa nouvelle mise en scène de Nicomède. Et pour eventuellement le remplacer si il n'était pas capable d'assurer des représentations.

J'ai finalement joué tous les soirs ce rôle magnifique d'Attale à la comédie Française avec Christine Fersen et Jean-Pierre Bouvier grâce à sa determination et à son envie. Nous nous sommes ensuite cotoyé durant plusieurs années, nous avons joué ensemble et j'ai toujours gardé une tendresse particulière pour cette femme au caractère si fort et si intransigeant. Elle m'a donné ma chance et sans elle peut-être ne serais-je jamais rentré au français...

C'est une page importante de l'histoire de la maison qui se tourne et qui disparait avec elle. Elle a marqué de son talent toute une époque comme son père avant elle et sa nièce aujourd'hui..

Au revoir Françoise...

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La reine Christine pose sa couronne...

Voilà, je l'ai appris aujourd'hui. Je vous laisse l'annonce de l'AFP qui donnera à quelques uns des informations sur la belle Christine.

Je garde mes beaux souvenirs de partage et de souffrance avec elle.

Elle était à mes côtés pour mes premiers pas sur scène dans "Nicomède", nous avons passés plus de 17 ans ensemble à nous croiser, à nous connaître, à jouer, et elle part aujourd'hui... C'est une des plus grande comédiennes de theâtre qui s'en va, c'est une douleur qui va se calmer aussi. Bon voyage ma reine...

PARIS (AFP) - Christine Fersen, doyenne de la troupe de la Comédie-Française, décédée brutalement lundi soir à son domicile parisien à l'âge de 64 ans, était une actrice "de l'extrême", qui donnait toute sa démesure dans les grands rôles de princesse, de reine et de tragédienne.

Christine" à cette figure de la troupe de Molière, dont elle était devenue la doyenne le 1er janvier 2007.

"La mort de cette artiste incomparable, après un compagnonnage de plus de quarante-deux ans, laisse un vide immense sur nos plateaux et dans nos coeurs", a témoigné mardi l'administratrice générale et ex-sociétaire du Français Muriel Mayette.

"Chacune de ses interprétations, par sa force, sa subtilité, sa profondeur, était comme une leçon de théâtre. Sa carrière restera comme une leçon de vie", a estimé pour sa part la ministre de la Culture, Christine Albanel.

Née le 5 mars 1944 à Paris, Christine Fersen - de son vrai nom Boulesteix - avait suivi l'enseignement de Fernand Ledoux au Conservatoire. Elle en sortira avec deux premiers prix de comédie (classique et moderne) et "seulement" un 2e prix de tragédie.

Mais c'est pourtant dans les grands emplois de tragédienne qu'elle s'imposera avec plus de naturel et de précocité que la moyenne, forte de sa chevelure de feu, de son teint d'une pâleur tragique et de sa voix grave et rauque taillée pour les grands rôles. Le recours à l'expression "monstre sacré", à son propos, n'était pas qu'une facilité de langage.

"Je ne peux respirer qu'aux extrêmes", confiait-elle.

Parmi ses incarnations les plus fortes figurent deux personnages de Victor Hugo, la sanglante Marie Tudor et Lucrèce Borgia, mère scandaleuse à laquelle elle conférait une humanité rageuse. Dans le même registre, elle a été la "Médée" infanticide d'Euripide au Festival d'Avignon en 1981 dans la cour d'honneur du Palais des papes ou encore "Marie Stuart" de Schiller.

Son jeu ardent, sans doute nourri des blessures de la vie - elle a perdu son fils unique - aura séduit quelques-uns des plus grands directeurs d'acteurs, comme le Français Bernard Sobel, l'Italien Luca Ronconi, l'Américain Bob Wilson et, plus récemment, les auteurs-metteurs en scène Valère Novarina et Olivier Py.

En fait, Christine Fersen pouvait tout jouer, la comédie ("Il Campiello" de Goldoni), mais aussi par exemple une gouvernante dans "Place des héros" de Thomas Bernhard. "Je me retrouve à ma place", confiait-elle au Monde en 2004, comme en écho à son enfance déshéritée en banlieue parisienne.

Elle n'était devenue sociétaire de la Comédie-Française que le 1er janvier 1976, après plus de dix ans de pensionnariat, ce qui est long. Elle ne s'est d'ailleurs pas toujours sentie pleinement épanouie dans la maison, comme dans ces années 1990 où elle jugeait "plus qu'inamical" d'être absente des grandes distributions.

Mais Christine Fersen a toujours aimé passionnément les planches et voulu considérer que "la vie est un théâtre". "Parce que sinon on se flingue tout de suite", disait-elle.

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Le bourgeois Gentilhomme

Mise en scène de Jean-Louis benoit, Rôle du maître de philosophie.

16 septembre 2000 : Présentation nouvelle, mise en scène de Jean-Louis Benoit, décor et costumes de Alain Chambon

Monsieur Jourdain : Michel Robin et Andrej Seweryn, en alternance Covielle : Éric Génovèse et Alexandre Pavloff, en alternance Cléonte : Jérôme Pouly Dorante : Roger Mollien Le Maître à danser : Jean-Baptiste Malartre Le Maître de philosophie : Jean-Pierre Michaël Le Maître de musique : Olivier Dautrey Le Maître d'armes : Laurent Montel Le Maître tailleur : Laurent Rey et Laurent Natrella, en alternance Le Muphti : Laurent Montel Mme Jourdain : Martine Chevallier Nicole : Catherine Sauval Dorimène : Cécile Brune et Clotilde de Bayser, en alternance Lucile : Émilie Lafarge

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Rodogune

Rodogune, tragédie de Pierre Corneille Rodogune, soeur du Roi des Parthes, à la fois gage et enjeu de la Couronne de Syrie est au centre de la lutte d’influences que la Régente exerce à l’égard de ses deux fils jumeaux, Antiochus et Séleucus...

En fait selon l’aveu de Corneille, la pièce aurait dû s’appeler « Cléopâtre » du nom de la Régente, car son pouvoir tyrannique et à bien des égards désespéré est la cause des impasses relationnelles que celle-ci entretient vis-à-vis de son entourage avec en toile de fond, guerres de conquête et Traité de Paix avec l’Empire des Parthes.....

Le drame est que « Cléopâtre » s’accroche au Pouvoir comme s’il était le garant de sa vie.! Mais voilà les circonstances font que son aîné désigné devra se marier avec Rodogune pour qu’ils deviennent respectivement Roi et Reine de Syrie ! l’Amour et l’amitié se montreront suffisamment forts entre les jumeaux et Rodogune pour que tous les trois acceptent cette décision équitable que Cléopâtre voudrait faire échouer!...

C’est exact, qu’il semble y avoir du manichéisme dans cette perspective où seule la Régente focalise la mauvaise foi, le cynisme et la dureté d’âme! Mais ce manichéisme n’est sans doute qu’une sorte de masque car en fait tous montrent et démontrent la contradiction de leurs affects et de leur ambition mais en revanche leur qualité d’âme les pousse à négocier et à se respecter mutuellement...

Cependant la Régente semble ne pas vouloir s’embarrasser de telles contraintes; chez elle Amour et Haine, volonté de Puissance et renoncement cohabitent simultanément dans un cercle infernal dont l’issue ne peut être que dramatique!...

La mise en scène de Jacques Rosner est empreinte de respectabilité, de sobriété et de grandeur. Un décor escamotable à la manière de poupées russes, dévoile du plus proche au plus éloigné, de l’intime au public, différentes salles et halls successifs d’un Palais syrien dont nous percevrons en définitive le Trône tellement convoité!...

L’interprétation est parée des qualités mythiques de la Comédie Française! Est-ce la présence de Catherine Samie, la doyenne de la troupe qui pousse ainsi chacun à se hisser au plus haut de sa qualité? Martine Chevalier qui assume tout le poids de la méchanceté et des ressentiments s’affirme superbement face à Jean-Pierre Michaël que sensibilité et force propulsent aux plus hautes destinées!...

Céline Brune, sans aucun artifice, exprime une beauté que submergent les forces de majesté! Laurent d’Olce, le 2ème frère jumeau a le talent de convaincre en se maintenant juste en deçà, de façon à laisser la première place à son frère!...

Tous concourent, sous l’inspiration artistique de Jacques Rosner, à élever l’âme, en montrant les luttes intestines que celle-ci ne peut cesser de mener contre des aspirations contradictoires et néanmoins Universelles!..

«Rodogune» avec Jean-Pierre Michaël et «Les fouberies de Scapin» avec Philippe Torreton apparaissent comme les deux créations majeures de la Saison théâtrale 97-98 de la Comédie Française. Toutes deux ont en commun de s’adresser à nous en suscitant des élans de dignité profondément humaine!...

Theothea le 17/03/98

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Arcadia

Mise en scène Philippe Adrien Décor et costumes de Claire Belloc Lumières Pascal Sautelet Musique de Ghédalia Tazartès Coiffures et Maquillages de Marc Lanfranchi

Le prolifique Tom Stoppard, britannique d'origine tchèque, s'acquit

un renom international dès le début des années soixante avec la mémorable pièce Rosencrantz et Guildenstern sont morts. Depuis, il a continué d'oeuvrer en «maître de la pyrotechnie verbale, en jongleur cérébral de paradoxes hypercultivés» comme le résume Jean-Marie Besset, excellent traducteur d'Arcadia, pièce avec laquelle Stoppard entre au répertoire du Français via la scène du Vieux-Colombier. Soirée «intelligente» garantie. Deux heures trente presque trop bourrées d'esprit. Les Anglais ont un adjectif assez joli pour le genre de pirouettes mentales auxquelles l'auteur ici s'adonne, ils disent «witty» et cela équivaut à «spirituel» ou encore «pétillant», «malin»... Autant dire que l'on glissera ici du supposé insoluble théorème de Fermat à l'art des jardins anglais à l'époque où le romantisme chamboule les sages ordonnancements classiques, en passant par telle loi de la thermodynamique. On vous en épargne des plus complexes, ou plus littéraires. Dire d'entrée que l'affaire bascule d'une scène l'autre entre deux époques: le tout début du XIXe siècle où la jolie Thomasina Coverly, adolescente de la haute société, gamberge en compagnie de son jeune précepteur Septimus, et un aujourd'hui très contemporain où deux chercheurs en histoire, universitaires en diable, fortuitement réunis dans la même demeure aristocratique du Derbyshire, supputent en compagnie des descendants de la famille sur le séjour que Lord Byron effectua chez les Coverly. Une alternance perpétuelle entre un hier aux marivaudages moins policés qu'il n'y paraissent et un présent dont les protagonistes font figure de détectives cherchant à savoir entre autres qui coucha avec qui en 1809, et comment il se fit que telle jeune fille mourut dans l'incendie d'un grenier.

A la tête de douze comédiens adéquatement distribués et qui dégagent une jubilation du théâtre bien cousu, le metteur en scène Philippe Adrien a rendu impeccablement sensible l'effet de jeu de miroirs et de mise en abyme frôlant l'absurde, en as du flash-back et sismographe de l'aléatoire des sentiments . Comme s'il avait oscillé en permanence entre l'idée de prendre au sérieux les conversations éclairées et les amours suggérées de cette brochette d'êtres, et l'envie de les tourner en pure dérision. Le décor unique signé Claire Belloc ­ un salon ouvrant par trois immenses fenêtres sur un parc hypothétique ­ est d'une neutralité accordée au chassé-croisé des personnages. De simples accessoires servent à distinguer les siècles, où à les faire se catapulter: service à thé ici, ordinateur portable là, tortue vivante par ci, malle à costumes par là. Et de ci et de là, présence troublante d'un même jeune homme interprété par le très doué Micha Lescot qui, à six générations d'écart, figure tantôt Auguste tantôt Gustave Coverly, devenu autiste et d'une «bizarrerie» d'idiot frôlant l'inquiétant de la folie. S'il en fallait un pour confirmer que Stoppard se gausse des intellectuels pinailleurs, il serait celui là. Il serait juste de citer tous les acteurs. Côté passé, Françoise Gillard se met dans la petite tête bien pleine de Thomasina Coverly, gamine prodige charmante qui n'attend pas d'avoir seize ans pour s'éprendre de l'élégant tuteur Septimus Duncan (Jean Pierre Michaël, en sa prestance, asticoté par une autre, plus âgée, qui a les traits de Claire Vernet donnant dans la perversité). Côté présent, Claude Mathieu en docte et acerbe rate de bibliothèque non dépourvue d'humour fait face au toujours exact Jean-Baptiste Malartre, qui trépigne ses plates bandes en creusant le même sujet qu'elle. Entre divertissement et prise de tête, cette comédie qui fourmille est adaptée au public «cultivé» du Français. Si tant est que l'on puisse ainsi «catégorier» celui-là.

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