Le court métrage est un art particulier, un art contraint qui offre avec un budget limité la possibilité à de jeunes aspirants réalisateurs de s'exprimer et de "construire" leur carte de visite. C'est un art qui permet aussi la rencontre entre des techniciens et des réalisateurs, des acteurs et une équipe de tournage etc... Bref, l'économie du court métrage permet à chacun de se connaitre mieux et de se confronter à la création audiovisuelle. C'est aussi souvent le lieu de la débrouille et de l'imagination.

Mais c'est surtout l'obligation de l'efficacité d'une narration qui ne peut se permettre d'être encombrée de longueurs. La pellicule coute cher et les jours de tournage sont restreints. Il faut donc un sujet qui accroche immédiatement, qui tienne en haleine en intriguant et qui se termine avec une surprise qui récompense le temps que l'on y consacre. Je suis tombé par hasard sur "On s'embrasse", court métrage de Pierre Olivier Mornas, ex-comédien qui réalise depuis pour le cinéma. Il date de 2001. je ne l'avais jamais vu, comme 99,8% de la production de courts-métrage français, mais heureusement le hasard fait bien les choses et je vous l'offre pour que vous le découvriez à votre tour. Il n'y a pas de bon courts métrages sans bons comédiens et celui-ci est servit par deux excellents comédiens: Jean-Luc Abel et Alice Carel. Clin d'oeil, j'avais joué mon premier specatcle Professionnel (Dom Juan mis en scène par F.Huster) avec Jean-Luc qui est un comédien d'une humanité confondante.

Il y a aussi dans l'exercice que vous allez voir un miracle à découvrir pour les néophytes de l'interprétation. Alice répète son texte avec l' inconnu. Elle est juste et touchante, elle dit le texte et est comme 80% des acteurs que vous connaissez. Crédible. Et puis tout à coup, sur une émotion elle passe de l'autre côté du jeu. Du côté où le texte n'est plus que secondaire, où l'émotion prend le dessus, où les mots sont moins clairs et où on s'en fout parce qu'on n'écoute plus, on vit avec elle.

C'est la grande différence entre un acteur et un très bon acteur. C'est aussi la force d'un réalisateur qui sait amener sa comédienne à cette extremité et à cette vérité. En face il y a Jean-Luc qui est dans l'écoute humaine et sensible. Sans doute encore plus difficile parce qu'elle fait appel au non-jeu. Juste entendre et recevoir, sans commenter. Dans la simplicité. Merci à vous tous pour ce joli moment que je vous laisse maintenant apprécier

Jean-Pierre Michael

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