Plusieurs d’entre vous m’ont demandé ce que j’aimais comme musique et ce que j’écoutais. Si même j’avais des albums fétiches ou un « top five ». Cette question m’a travaillé et comme la musique est quelque chose d’important pour ne pas dire d’essentiel pour moi, je crois que je vais le partager avec vous. Comme je vous l’ai dit lors du dernier chat, je n’ai pas de liste et pas de top five puisque cela supposerait s’arrêter à quelque chose qui resterait immuable, hors rien n’est plus mouvant que la musique, et l’accord qu’on peut lui accorder à notre sensibilité reflète ce que nous sommes à un moment précis de notre vie.

J’ai toujours eu tendance à naviguer d’album en album, d’artistes en artistes avec des fidélités temporaires ou plus renouvelées. Je ne force rien mais je me laisse surprendre toujours, c’est la condition de mon adhésion.

Depuis mes premiers disques achetés adolescent, j’ai parcouru une vie musicale qui m’est propre mais qui a forgé ma sensibilité et mes sensations. Quelques fois aussi mes émotions. Je ne vais pas vous faire un récapitulatif de ce parcours laborieux et pas toujours passionnant ni même exhaustif tant les albums ont pu passer et ne jamais revenir pour certain. Je vais donc vous parler uniquement de ce que je suis aujourd’hui en ce début d’année 2006.

J’ai constaté en y réfléchissant que je ne tournais récemment que sur 5 ou 6 albums. Pour combien de temps, je ne sais, mais je suis plutôt du genre têtu et j’ai usé du vinyle à mettre et remettre les mêmes chansons à l’infini.

Aujourd’hui encore quand je tombe amoureux d’un artiste ou d’un album je vais jusqu’à le disséquer dans chacune de ses tonalités afin d’y découvrir des surprises qui forcément échappent à toute première écoute. J’aime ce compagnonnage laborieux qui permet d’être très intime à une émotion extérieure, à une création qui toujours m’inspire.

Donc voici les albums qui tournent en boucle dans ma voiture, mon ipod ou mon ordi.

L’intégrale « Coldplay », découvert au travers du tube « in my place », je suis tombé amoureux de cette pop simple d’élégance et pourtant si fine dans ses arrangements. L’album O de « Damien Rice », une merveille de sensibilité folk avec une émotion énorme. « Feist » et son dernier album, surprise douce et émouvante, une étonnante voix féminine. « James Blunt » et son album qui commence à cultiver les tubes. Le best-off de « Nina Simone » qui reste et demeure une interprète magistrale de l’âme, maîtresse de la soul. Et dans nos francophones, évidemment « Greg Fontaine » dont je ne me lasse pas, et quelques pépites de « Raphaël » et de « Camille ». Ils sont avec moi quotidiennement.

Je me suis ensuite demandé d’où venait ce choix qui peut paraître éclectique et incongru dans ses mélanges, et le seul point commun évident qui les relie tous c’est la voix et son émotion. Tous les artistes que je viens de citer font passer au travers de leurs voix une émotion telle qu’elle m’emmène toujours délicieusement dans des ouateurs de violence ou d’amour régénérantes et inspiratrices. J’ai toujours usé et abusé de la musique pour mon métier. Des musiques me permettent d’avancer dans des personnages et l’illustrent dans ses émotions. Elles sont des repères magiques pour moi.

Voilà de quoi répondre aujourd’hui à votre curiosité que je partage. On ressemble aussi sûrement à ce que l’on écoute. A un moment donné en tout cas.

Je ne saurais trop vous conseiller d’aller utiliser le site www.pandora.com, outil magnifique pour découvrir d’autres horizons que les siens. Malheureusement uniquement anglophone dans ses sources pour le moment. Mais vous pourrez toujours y écouter les artistes dont je viens de vous parler si vous ne les connaissez pas encore.

A bientôt

Jean-Pierre MICHAEL

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